4 – Contexte médical et scientifique

CONTEXTE SCIENTIFIQUE ET MÉDICAL

A LA FIN DU 19ème ET DÉBUT DU 20ème SIÈCLE

LA SANTÉ DES ENFANTS

Au cours des temps, les guerres ont eu des conséquences dramatiques sur l’état de la santé physique et morale de toutes les générations, et en particulier la plus jeune. La dépopulation est considérée comme un péril national.

CONSÉQUENCES DE LA GUERRE 1914 –  1918 SUR LA SANTÉ PUBLIQUE

Durant la guerre 1914 – 1918, la réduction progressive des ouvriers masculins, entraîne les futures mères  et les nourrices vers le travail. En conséquences immédiates , les gestations se trouvent écourtées, et s’en suivent les naissances prématurées et les anomalies congénitales aggravées par le défaut d’allaitement maternel sans remplacement équilibré.

Enfants malvenus, mal nourris, abandonnés, augmentent ainsi le pourcentage des enfants morts nés ou des morts précoces. La mortalité des enfants en France est élevée. Cette tragédie est beaucoup moins commune dans nos familles modernes.

La dislocation du foyer, la famine relative en pays occupés ont donné des générations d’enfants influencés par des carence multiples :

  • Enfants chétifs, difformes, tuberculeux, rachitiques, «  débiles », à méningites aiguës, hérédosyphilitiques parmi tant d’autres.

Le manque de soins et d’hygiène exposent les plus faibles et les plus forts à la contagion.

En 1918 la France est dépeuplée et en mauvaise santé. Au niveau  du pays, les naissances sont rares, trop d’adultes sont malades, faute d’avoir eu dans l’enfance les soins nécessaires.

Dans ce contexte, un changement profond se produit à l’échelle du pays. Créer un pays avec une population en bonne santé devient une priorité.

La solution se trouve dans l’application de sciences nouvelles au bon développement de l’enfance.

SCIENCES NOUVELLES AUX 19ème ET 20ème SIÈCLES.

  • HÉRÉDITÉ
  • L’idée de perfectionnement de l’espèce humaine a toujours été présent.

La conscience que certaines maladies ou susceptibilité à certaines maladies proviennent des parents, existe au cours des temps.

Les écritures saintes y font allusions en bien des endroits. Dans l’un il s’agit «  des fautes des parents qui se répercutent sur les enfants jusqu’à la quatrième génération »  ou bien la formule imagée

«  des parents mangeant des fruits verts dont les enfants auront les dents agacées ».

  • Gregor Mendel : fondateur de la génétique.
  • 1822- 1884 . Moine tchèque, il étudie l’hybridation chez les végétaux, et la division cellulaire. Il est inspiré par le travail de l’évolution des plantes sur plusieurs générations du professeur autrichien de physiologie végétale,  Franz Unger . Ce n’est qu’en 1900 que ces travaux sont reconnus ; la génétique est officiellement née.
  • Charles Darwin : Théorie de l’évolution.
  • 1809 – 1882. Naturaliste anglais, il voyage autour du monde pendant 5 ans et observe la diversité et la distribution des espèces animales. Ses travaux sur l’évolution des espèces animales ont révolutionné la biologie dans les années 1850. La théorie de la descendance modifiée par le moyen de la sélection naturelle ( évolution) est acceptée par la communauté scientifique et le grand public.
  • Francis Galton : Étude de l’homme par anthropométrie et eugénique.
  • 1822 – 1911. Anthropologue et explorateur anglais . Cousin de Charles Darwin. Il analyse les variations  de multiples caractères dans les populations humaines ; il est convaincu que les aptitudes intellectuelles tout comme les imperfections sont déterminées par des facteurs héréditaires.
  • Il théorise l’idée ancienne de perfection de l’espèce humaine en créant l’eugénique, qui a pour but de déterminer les conditions les plus favorables à la procréation d’individus sains.
  • Il développe un ensemble de méthodes et pratiques, visant à transformer le patrimoine génétique dans le but de se diriger vers un idéal de l’espèce humaine.
  • Ses idées se répandent dans le monde entier au début du 20ème siècle et vont bouleverser la société.
  •   PSYCHANALYSE
  • Sigmund Freud : Fondateur de la psychanalyse.
  • 1856 -1939. Neurologue autrichien . Il révolutionne la conception du psychisme humain. Son objectif : dénouer les troubles psychiques médicalement inexplicables. Il développe une théorie sur la place de la sexualité dans le développement de la personnalité. La psychanalyse s’installe comme une nouvelle discipline des sciences humaines dès 1920.
  • Friedrich Nietzsche : Existentialisme et philosophie postmoderne.
  • 1844 – 1900. Philosophe et poète allemand . Il critique la culture occidentale moderne, ses valeurs morales ,  politiques et religieuses. «  Les vérités sont des illusions dont on a oublié qu’elles le sont ».
  • Carl Jung : Fondateur de la psychologie analytique.

1875 – 1961. Psychiatre suisse allemand. Il a consacré sa vie à l’élaboration de théories psychologiques et a exploré d’autres domaines des sciences humaines. Sa contribution dans le domaine des rêves a été déterminante.

HYGIÈNE ET VACCINATION

  • Louis Pasteur : Pasteurisation et vaccin contre la rage.
  • 1822 – 1895. Scientifique spécialisé dans la physique, chimie et la microbiologie. Le chercheur aborde l’étude des maladies contagieuses, et des infections qui triomphent. Il développe la pratique de la stérilisation. Il développe le vaccin contre la rage. L’institut Pasteur est ouvert en 1886.

DÉVELOPPEMENT DE LA PUÉRICULTURE

Dès 1870 après la défaite française rendue partie responsable par la faiblesse démographique, une croisade commence contre la mortalité des femmes en couches et la mortalité infantile, dont certains médecins se font les défenseurs. Les maternités hospitalières sont réaménagées selon les nouvelles normes de Pasteur. Il y a création de consultations de nourrissons et de dispensaire qui sont le prélude de la puériculture.

En 1919, ouverture de la première école de Puériculture de la Faculté de Médecine de Paris, dont le but est d’enseigner les dernières découvertes de la médecine infantile.

Professeur Weill-Hallé, pédiatre renommé avec l’appui du bureau des enfants de la Croix Rouge américaine, crée cette école de puériculture rattachée à la faculté de médecine. Le Professeur en obstétrique,  Adolphe Pinard en devient le directeur, et lui le sous directeur. A l’ouverture de l’école de puériculture, le professeur Pinard recevra la Légion d’Honneur en présence du ministre de la Santé Publique. (photo)

Professeur Weill-Hallé «  Notre ambition se résume en peu de mots : obtenir qu’il y ait en France assez de médecins compétents, assez d’infirmières visiteuses solidement éduquées, pour que nulle naissance, nul enfant ne soient négligés.

Pour parvenir à ce but ultime, c’est à organiser propagande et enseignement que nous nous attachons, laissant aux pouvoirs publics, aux œuvres privées, conjugués dans un même effort, le soin d’en fournir les moyens matériels »

L’eugénique de Galton, l’hérédité de Gregor Mendel, l’hygiène de Pasteur, la psychanalyse de Freud

et beaucoup  d’autres matières sont enseignées à l’école de puériculture de Paris à partir des années 1919 .

«  Il est impossible de ne pas exprimer sa satisfaction devant l’évolution moderne d’une Puériculture qui substitue progressivement aux pratiques tâtonnantes de l’empirisme , une technique stricte basée sur notre connaissance chaque jour plus certaine et plus profonde de la biologie du nouveau né et du nourrisson. Puisque les travaux contemporains ont révélés une psychologie du bébé, un intérêt pratique doit être porté , dès la naissance, à l’évolution intellectuelle et affective de l’enfant. »

( Sarrouy, Combe, Luccioni ).

Dès les années 1930, l’examen prénuptial est proposé par le ministre de la santé Justin Godard, et en 1942 le certificat prénuptial devient obligatoire. 

Les écoles de puéricultures se multiplient à partir des années 1930 . 

Après la deuxième guerre mondiale, le gouvernement crée en 1945 la Sécurité Sociale et la Protection Maternelle et Infantile qui a comme objectif principal de lutter contre la mortalité infantile. 

Dans les années 1950, la médecine néonatale se développe. Elle permet d’améliorer les conditions de survie d’enfants jadis condamnés en organisant des services de réanimation néonatales.